COMPTE RENDU DE LA CONFERENCE DEBAT
« Affirmer son leadership : de la théorie…aux témoignages »
Du Jeudi 14 Mai à 18h00
au Grand Hôtel de l’Opéra.
La Conférence a été introduite par Philippe DALLE. L’objectif de son intervention était de donner la définition la plus exhaustive possible de ce qu’est le leadership (origine, composition, facteur de développement,etc.).
Du fait qu’aucuns théoriciens n’ont réussi à s’entendre sur les composantes du terme, Philippe DALLE a très vite mis en avant la difficulté à définir précisément le leadership.
Il a toutefois démontré que ces composantes étaient totalement inhérentes à l’environnement du leader, et particulièrement sur deux points : la situation et le groupe (maturité des subordonnées, pourvoir, nature de la tâche à accomplir, etc.).
Ce postulat, ainsi que d’autres études sur les caractéristiques qui dissocient les leaders des non leaders (rôle architectural et rôle charismatique, compétences personnelles, sociales et cognitives, etc.), ont permis à Philippe DALLE de donner des recettes, applicables dans chaque situation, pour affirmer son leadership en entreprise (aller à Tombouctou ou faire ses premières armes, conserver un équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, faciliter le tutorat, développer son intelligence émotionnelle,…). Pas besoin de sauter le premier à l’élastique dans un stage de team building Un coach s’avèrera utile si la barre est trop haute.
Enfin, si le leadership ne peut être définit de manière exhaustive, Philippe DALLE a clôturé son introduction en citant les 4 facteurs clés qui caractérisent un bon leader :
- la vision
- la confiance
- l’adhésion
- la crédibilité (dans l’environnement et dans les comportements)
Patrick TEJEDOR (AIRBUS) fut le premier Grand Témoin à présenter son expérience du leadership. En plus de son poste au sein de AIRBUS, il a fondé sa propre association de lutte contre la mucoviscidose. Il lui a donc été tout naturel de faire un parallèle entre le monde de l’entreprise et l’univers associatif pour parler du leadership.
Selon lui, l’efficacité du leadership tient beaucoup à la motivation des subordonnés. Ces derniers ne travailleront bien que s’il ont envie de travailler.
Or, en entreprise, et contrairement à l’univers associatif, il est difficile de déceler les réelles motivations de futurs collaborateurs.
Et si les compétences n’engendrent pas forcément la motivation, la motivation pousse à devenir plus performant, et donc, compétent, comme on peut le voir chez des bénévoles.
Il souligne alors la nécessité de mettre l’accent sur les motivations lors d’un entretien de recrutement.
Pour clôturer son discours Patrick TEJEDOR a énoncé les 4 points essentiels à l’exercice du leadership:
- la légitimité
- la relation à l’autre
- la cohérence et l’exemplarité
- la capacité de décider
Madame Dominique FAURE, Directrice du développement chez VEOLIA EAU, deuxième grand témoin, a commencé par définir les sources de son leadership, qui sont, selon elle, le sport, sa carrière dans des entreprises anglo-saxonnes et le fait qu’elle soit une femme.
Par rapport au sport, qu’elle a pratiqué de manière intensive jusqu’à 25 ans, elle s’est appuyé sur les citations de D. HERRERO pour mettre en avant le lien entre cette activité et le leadership. Pour n’en citer qu’une : « Reconnaître, c’est connaître ensemble ». La notion d’engagement et le don de soi que l’on perçoit dans cette citation sont pour Dominique FAURE des points primordiaux à l’exercice du leadership en entreprise. Concernant son expérience dans des entreprises anglo-saxonnes, ce sont les success stories qui lui ont permis de développer son leadership, par le partage des connaissances et la reproduction des bonnes pratiques. Enfin, Dominique FAURE étant une femme, elle a parlé de cette « spécificité » dans une société où les leaders sont encore majoritairement masculins. Cette caractéristique innée lui a permis de se démarquer, et d’affirmer ainsi son leadership.
François Destruel, directeur général de EFS Midi Pyrénées a affirmé qu’il y a 3 sortes de leader : le capitaine, l’entraîneur et le président de club.
Lui même a commencé en tant que « capitaine » dans une petite équipe, puis avec les différentes fusions de son entreprise, il a appris à devenir « entraîneur » et espère un jour être « président du club ».
Il n’est pas convaincu par le fait d’être naturellement leader mais parle plutôt d’entraînement au sein de l’entreprise pour le devenir. Il compare le leader à un sportif qui s’entraîne pour atteindre le plus haut niveau.
Il a terminé son discours par les deux compétences majeures indispensables selon lui pour devenir leader : l’engagement et l’exemplarité.
Jean-Louis Robardey, fondateur de SOGECLAIR et dernier Grand Témoin à intervenir, a débuté sa présentation en soulignant qu’il n’a jamais couru après le statut de leader.
Il explique que tout commence par le fait d’avoir un projet et de l’ambition. Il suffit ensuite de rassembler des personnes de bonne qualité et de leur faire porter le projet en leur expliquant les conditions et l’objectif.
Il insiste sur l’importante de l’écoute et du partage des craintes portée aux collaborateurs.
Le volontarisme, l’obstination, la persévérance et le respect des collaborateurs sont pour Jean Louis ROBARDEY les qualités nécessaires pour devenir leader. Le leader doit également être capable de se remettre en cause en permanence.
Il est persuadé que le fait d’être leader signifie se battre tous les jours, tous les matins, tous les soirs.
La conférence s’est terminée par un débat enrichissant où, outre les questions qu’ont suscitées le discours des intervenants, le champs d’action et l’origine du leadership ont été abordés.
La question de la géométrie variable du leader a été posée. Patrick TEJEDOR a répondu qu’un leader, dans un environnement changeant, ne pouvait changer ses valeurs. Par contre, pour tout le reste, la souplesse et l’adaptabilité sont de rigueur.
Plus tard, une étudiante de l’IGS a demandé à Jean-Louis ROBARDEY des précisions sur sa définition du leader ; comment voit-il le leadership en entreprise ? Il a alors présenté son rêve de responsabiliser 30% de l’effectif de son entreprise, afin de décentraliser le leadership. Y aurait–il un message ?
Un invité a également souhaité revenir sur un point abordé par un Grand Témoin :les success stories. Il doutait du fait qu’un modèle de pays étranger puisse être pris en exemple pour être reproduit en France.
Dominique FAURE, qui avait présenté les success stories lors de son intervention, a bien précisé qu’on ne peut reproduire point par point et dans les moindres détails un processus venant d’un autre pays. Les success stories servent uniquement d’exemple et de support à la mise en place d’un nouveau projet, différent.
Afin de clôturer le débat, Francis TOLMER, animateur de la conférence, a posé la question moteur de la conférence aux Grands Témoins : Naît-on leader ou le devient t-on? Tous les intervenants se sont entendus sur le fait que le leadership, s’il comporte une part d’inné, peut aussi s’acquérir avec le temps, lorsque l’on connaît les freins à son développement et qu’on travaille sur soi ( confiance en soi, capacité à convaincre, …)
Agathe HERVE |